dimanche, mai 14, 2006

Délivrez-moi sort du moule


Tous les films ne sortent pas du même moule. Et moult moules il y a. Au moment de faire le choix d'un film, les gens vont rarement s'informer à savoir qui en est l'auteur, le producteur, le réalisateur, le distributeur, etc. Cela se comprend, tout le monde n'est pas passionné de cinéma. Or, c'est presque immanquablement par ces indices qu'on évite les navets et qu'on découvre des petits trésors, sinon des grands.

Aurore constitue probablement mon exemple favori de film issu d'un moule que je déteste et conspue. Comme on le présente si bien sur le site de Radio-Canada: «Après le succès historique de Séraphin au box-office, le président d’Alliance Films, Guy Gagnon, et Denise Robert, de Cinémaginaire, ont donné à Luc Dionne le mandat d’écrire le scénario d’Aurore et de réaliser le film, son premier.» Un mandat. Voilà. Une bonne histoire, un public cible, un mandat. Adieu inspiration, univers personnel et originalité. Le cinéma creux dans toute sa splendeur.


S'il est rare que le public s'intéresse aux étapes et au processus de création parfois long qui mènent à un film, il est tout aussi rare que les critiques en expliquent les rouages (sauf peut-être pour lancer quelques fleurs récupérées dans un communiqué plus que partial). Du moins, cela demeure rare dans les grands médias comme Le Journal de Montréal, le Voir ou La Presse. On retrouve des critiques plus virulentes, souvent dans les éditoriaux, de médias plus petits ou dans les magazines spécialisés. Par exemple, Marie-Claude Loiselle aime bien dénoncer quelques tares de l'industrie cinématographique dans ses éditoriaux de la revue 24 Images (exemple ici concernant l'ONF).


Pour ma part, j'ai bien envie de lancer quelques fleurs à un distributeur aujourd'hui. On critique souvent - et avec raison - l'empire Quebecor pour sa tendance mainstream. Il faut cependant admettre que le distributeur TVA Films a à sa tête des gens qui ont du flair et qui semblent voir le cinéma, non seulement comme une occasion d'affaires, mais aussi un art. Même si TVA Films a distribué les navets Éternelle et Incisions, il a aussi distribué des films tels que C.R.A.Z.Y., Dans une galaxie près de chez vous, Dear Wendy, Genesis, Good Night and Good Luck, Le pianiste, Littoral, Le virtuose et Manderlay. Il ajoute maintenant à sa liste le très beau film Délivrez-moi de Denis Chouinard. Il s'agit d'un film produit par la Coop Vidéo (avec le producteur Réal Chabot) qui a pour but d'encourager le cinéma d'auteur et non pas d'atteindre des records au box-office pour ensuite se péter les bretelles que «Mon Dieu que le cinéma québécois se porte bien» (merci à la série les Boys et consort).


Parmi les réalisateurs les plus connus (qui me viennent à l'esprit) de la Coop Vidéo, il y a eu Jean Chabot (décédé en 2003) et il y a Robert Morin, Louis Bélanger, Denis Chouinard, Denis Villeneuve et Catherine Martin. Gaz bar blues de Louis Bélanger avait été distribué par la grosse boîte Alliance Atlantis Vivafilm.


Je suis vraiment excité par l'aventure du film Délivrez-moi. Sur une idée personnelle bien mûrie, Denis Chouinard a fait appel à l'écrivaine d'expérience Monique Proulx pour écrire le scénario de ce qui s'est d'abord intitulé Annie croyait aux esprits. Pour incarner Annie, il a fait appel à Céline Bonnier, accompagnée dans ce film par Geneviève Bujold - qui revient dans le paysage québécois du cinéma - Patrice Robitaille et la jeune Juliette Gosselin. Trois générations de femmes, une histoire de meurtre et de relation mère-fille. Un film authentique de A à Z.


Ma critique sur Canoë
Délivrez-moi

Infoculture.ca
Denis qui croyait aux esprits!

La Presse
Délivrez-moi: le mystère Bujold persiste
Délivrez-moi: la Survenante

1 commentaire:

JF a dit...

J'ai eu Denis comme enseignant en 2004, et j'ai adoré l'Ange de Goudron, alors je suis très curieux de voir ce film.

JF