mercredi, février 08, 2006

Dear Wendy de Thomas Vinterberg


La semaine dernière, j'ai vu l'excellent film Dear Wendy réalisé par Thomas Vinterberg sur un scénario écrit par Lars Von Trier. Le Dogme 95 est vraiment un groupe dont les activités et les idées sont passionnantes à voir évoluer. Je n'avais jamais vu leur voeu de chasteté avant de faire la critique du film et je dois dire qu'ils se prêtent à un exercice intéressant.

Selon la définition que j'ai trouvée en français sur Wikipédia «Le Dogme95 est un mouvement lancé par des réalisateurs danois sous l'impulsion de pour lutter contre les superproductions, les artifices et les spéciaux dans le cinéma contemporain et revenir à une sobriété originelle plus expressiveDogme 95 selon Wikipédia

Dans ma critique du film Dear Wendy j'ai fait un rapprochement entre le cinéma de Lars Von Trier et la théorie du théâtre de Brecht. Je n'ai pas osé pousser trop loin dans l'article parce que, après tout, il ne s'agit pas d'un travail de maitrise ou d'un article publié dans les Cahiers du Cinéma. Je profite ici du blog pour partager quelques extraits supplémentaires du Petit organon pour le théâtre de Brecht qui nous aident à comprendre le cinéma et les influences de Lars Von Trier:

«Le mode de jeu qui, entre la première et la deuxième guerre mondiale, a été mis à l'épreuve au Schiffbauerdammtheater de Berlin pour fabriquer de telles reproductions, repose sur l'effet de distanciation. Une reproduction qui distancie est une reproduction qui, certes, fait reconnaître l'objet, mais qui le fait en même temps paraître étranger.»
[...]
«Les nouvelles distanciations devraient seulement ôter aux processus socialement influençables le sceau du familier qui aujourd'hui les protège de cette intervention [le regard scientifique].»
[...]
«Ce qui est resté longtemps inchangé paraît en effet inchangeable. Partout nous rencontrons des choses qui se comprennent trop bien toutes seules pour que nous soyons obligés de prendre la peine de les comprendre. Ce dont ils font l'expérience ensemble paraît être aux hommes l'espérience donnée de l'humanité.»
[...]
«C'est ce regard, aussi difficile que productif, que le théâtre doit provoquer par ses reproductions de la vie en commun des hommes. Il doit amener son public à s'étonner, et cela se fait à l'aide d'une technique de distanciation du familier.
[...]
Cette méthode traite, pour comprendre la mobilité de la société, les situations sociales comme des procès et suit ceux-ci à travers leurs contradictions. Pour elle, tout n'existe qu'en se transformant, qu'en étant donc en désaccord avec soi-même. Cela vaut aussi pour les sentiments, opinions et attitudes des hommes, où s'exprime le caractère propre de leur vie sociale, à un moment donné

Quand ensuite je lis le dixième point de leur voeu de chasteté, je ne peux que faire des rapprochements:

«De plus je jure en tant que réalisateur de réfréner mon goût personnel. Je ne suis plus un artiste. Je jure de me garder de créer un « travail », car je vois l'instant comme plus important que le tout. Mon but suprême est faire sortir la vérité de mes personnages et de mes scènes. Je jure de faire cela par tous les moyens disponibles et au prix de mon bon goût et de toute considération esthétique.»



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