samedi, février 25, 2006

Coffee's Ready prêt

Le café est prêt. J'ai finalement terminé ma petite étude. En autocritique, je dirais que j'ai
réussi à communiquer une certaine nervosité, mais pas l'électricité de l'électron libre que j'imaginais. Je me demande à l'instant si je ne vais pas faire une deuxième étude différente, mais avec le même matériel. J'ai diffusé mon petit vidéo sur le site fourre-tout Youtube pour donner une idée.




Pour visionner le film sur le site YouTube.com

mercredi, février 22, 2006

Le Top Gun français

Lundi dernier, je suis allé voir le film français Les Chevaliers du ciel. Dire «Le Top Gun français» est un peu injuste car il y a longtemps que l'expression «Les chevaliers du ciel» et ce qui s'y rattache sont passés dans la culture et l'imaginaire français. En même temps, le rapprochement est inévitable puisqu'il s'agit de films semblables où l'on voit des pilotes héros faire montre de leurs talents à bord du dernier modèle super rapide d'avion à réaction.

Il s'agit d'une histoire pas si simple de corruption politique et de trafic d'armes où tout le monde paraît louche et impliqué de près ou de loin dans les manoeuvres malhonnêtes. Tout le monde sauf nos deux héros qui sont intègres et loyaux.

Je ne veux pas trop m'étendre sur ce film puisque j'en ai déjà pondu un texte trop long à mon goût sur Canoë. Je dirai donc deux choses en terminant. Je suis très agacé par les films commerciaux qui mettent des femmes dans des rôles peu crédibles juste pour attirer davantage la clientèle. Les Chevaliers du ciel fait définitivement partie de ceux-là. Le film vaut la peine d'être vu pour les scènes aériennes tournées en 35mm sans effets spéciaux.

Lire la critique sur Canoë

Demain je vais voir Kirikou et les bêtes sauvages et j'essaie de terminer mon film d'une minute. :P

Dolent et à travers le monde

Dolent: adj. 1. littér. Qui est affecté par une souffrance physique, un mauvais état de santé. (corps dolent) 2. Qui se sent malheureux et cherche à se faire plaindre. 3. Qui exprime plaintivement une souffrance.

Angl. À travers le Québec, le monde / across, throughout
En voilà un qu'on entend à peu près tous les jours.
Les formes correctes: partout au Québec, aux quatre coins du Québec, autour du monde

Le mauvais calembour sexiste du jour appartient à Martin:
Quand une partie de hockey féminin se termine, peut-on dire que c'est "game ovaire" ?

Citation:
«L'avenir du cinématographe est à une race neuve de jeunes solitaires qui tourneront en y mettant leur dernier sou et sans se laisser avoir par les routines matérielles du métier». -Robert Bresson

mardi, février 21, 2006

Trésors d'avant-garde

Chaque cinéphile a ses petites déviances. Vous savez, ce film ou ces films que personne n'a vus et que personne ne veut voir (ou n'apprécie) mais que vous chérissez. Vous aimeriez que quelqu'un les voit pour pouvoir partager votre bonheur avec lui, mais en même temps c'est un peu votre trésor à vous, une partie de votre personnalité, de ce qui vous distingue. Par exemple, je n'ai jamais rencontré qui que ce soit qui ait vu la trilogie japonaise Human Condition de Masaki Kobayashi (Samurai Rebellion, Kwaidan), qui reste pour moi le film de guerre le plus touchant de toute l'histoire du cinéma. J'ai bien essayé de le faire écouter à ma mère, mais elle s'est essoufflée avant la fin...

Unseen Cinema vient de rendre disponible une passionnante anthologie de films qui risquent pourtant de demeurer assez marginaux et qui me vaudront bien des soliloques. Il s'agit d'une série de films américains d'avant-garde qui couvre la période 1894-1941. Dans ce véritable trésor d'archives on retrouve 19 heures de films qui vont d'obscurs courts métrages expérimentaux cubistes à des oeuvres plus connues telles The General de Buster Keaton et The Birth of a Nation de D.W. Griffith. Brakhage lui-même a été influencé par beaucoup de ces films et d'autres réalisateurs plus connus comme Orson Welles l'ont été aussi. Par exemple, j'ai appris aujourd'hui qu'Orson Welles, en hommage au film d'opéra de 4 minutes, Maytime, de Slavko Vorkapich (1937), a fait une séquence d'opéra identique à celle de Vorkapich dans Citizen Kane (1941). Il faudra que je revois le film en portant une attention particulière à cette séquence.

Hormis l'esthétique dépassée liée à la pellicule argentique de l'époque et à certaines techniques de montage désuètes, plusieurs de ces films paraissent encore aujourd'hui excentriques, audacieux et hors normes.

Le film qui m'a le plus frappé pour l'instant par sa musique mégalomane composée expressément pour l'oeuvre est Le ballet mécanique. Pour sa poésie, j'ai visionné plusieurs fois H2O de Ralph Steiner.

Que Dieu bénisse l'Amérique de Robert Morin

Robert Morin fait partie des réalisateurs que j'admire davantage pour leur démarche artistique et leur intégrité que pour leurs oeuvres. J'ai toujours trouvé que Morin, même s'il va parfois très loin au coeur de son sujet, maintenait une distance que je ne peux identifier encore, mais qui m'empêche d'être touché, d'être bouleversé. Paradoxal. Son film Que Dieu bénisse l'Amérique s'inscrit dans ce paradoxe, mais je l'admire pour son originalité et le divertissement qu'il procure.

Moi et Martin avons essayé une formule plus vivante de critique avec un dialogue électronique. J'ignore si c'est efficace.

Lire la critique sur Canoë.

Soliloque et être dans le même bateau

Soliloque: n.m. Discours d'une personne qui se parle à elle-même; monologue intérieur. Soliloquer. Facile à retenir parce qu'il signifie solus «seul» et loqui «parler». Alors qu'un monologue se fait généralement en présence d'autres personnes, soliloque se passe seul même s'il est parfois utilisé pour désigner un monologue qu'on se fait à soi-même en présence d'autres personnes plus ou moins impliquées. Si personne n'écoute votre monologue, ça devient un soliloque!

Angl.: être dans le même bateau / to be in the same boat
On devrait dire «être dans le même cas», «logé à la même enseigne»
Admettons que dire ça dans une conversation, ça détonne!

dimanche, février 19, 2006

Coffee's ready

C'est toujours facile de parler des autres, mais un peu moins de ses projets personnels. En ce moment, je prépare un petit film essai qui s'intitule Coffee's ready. C'est un essai inspiré (j'insiste sur inspiré) par l'oeuvre et la démarche de Stan Brakhage. C'est-à-dire que j'essaie de faire une représentation de la réalité en adoptant le rythme nerveux du cerveau et de l'oeil. Je m'intéresse donc au traitement avant le sujet, qui est très banal d'ailleurs dans ce cas-ci.

Je me suis déjà demandé, si je filmais ma marche quotidienne entre la station de métro et chez moi, pourquoi ce serait complètement ennuyant à regarder alors que je ne m'ennuie pas en marchant dans la réalité? Parce qu'il n'y a pas d'histoire? Pas nécessairement. Parce que notre oeil se promène continuellement d'un objet à l'autre et que nos pensées s'entrechoquent continuellement en dehors de cette réalité. Je cherche donc à voir comment et à quel point on peut rendre intéressant un sujet banal, comme se faire un café, simplement en simulant les stimulis qui nous occupent à chaque seconde.

Point non négligeable de l'essai, c'est mon premier film, alors j'apprends à me servir de mon caméscope et du logiciel Premiere Pro. Pour mon plaisir, je vais le publier sur le site web YouTube.com dans quelques jours.

Sapide et dépendant de

Sapide: adj. Qui a un goût, une saveur. N. f. sapidité
C'est peut-être le mot le plus utile que j'ai appris dernièrement et qu'on entend rarement. Nous connaissons pourtant très bien son antonyme «insipide».

Angl.: dépendant de / depending on
On devrait dire selon, suivant, en fonction de ou d’après.
On peut donc être dépendant de la drogue, mais pas de la température.
Quant à la locution dépendamment de, qui signifie elle aussi « selon, suivant, en fonction de », elle est répandue au Québec, mais cet usage est considéré comme familier.

Barton Fink et les frères Coen


Comme plusieurs cinéphiles, j'ai eu ma période de rejet du cinéma américain, considérant tout produit cinématographique de nos voisins comme étant inévitablement pourri (à l'époque j'admirais Kubrick, mais je pensais qu'il était britannique). Il y a déjà quelques années. j'ai découvert qu'il y a autre chose aux États-Unis que des blockbusters mettant en vedette des Chuck Norris, Schwarzenegger, Van Damme et autres gros bras.

Dans le cinéma récent, après avoir notamment découvert Charlie Kaufman, Jim Jarmusch, Spike Jonze et Paul Thomas Anderson, je viens de découvrir les talentueux frères Joel et Ethan Coen. J'avais déjà vu The Big Lebowski quelques fois sans me demander qui était derrière cette fucking delirious comedy. Sur le conseil de mon collègue de travail et ami Martin, après avoir vu O Brother, Where Art Thou?, je viens de voir Barton Fink et je dois dire que ces trois films sont excellents. J'ai bien hâte de voir les autres films des mêmes auteurs.

Dans le film Barton Fink, on retrouve des acteurs chers aux frères Coen: John Turturro, John Goodman et Steve Buscemi. Dans le rôle principal de Barton Fink, John Turturro joue à merveille l'écrivain en manque d'inspiration. Et que dire du jeu de John Goodman qui paraît tellement à l'aise dans ses rôles qu'on jurerait le voir tel qu'il est dans la vie.

L'histoire est simple. Un jeune écrivain qui a eu du succès à New York avec sa dernière pièce de théâtre accepte de partir à Hollywood pour écrire le scénario d'un film. Une fois sur place, loin de son succès, de sa famille et de ses amis, il tombe en panne d'inspiration malgré la médiocrité du sujet du film: la lutte. Dans l'hôtel minable où il loge, il se lie d'amitié avec l'occupant de la chambre voisine, un homme qui se dit vendeur d'assurances et qui se nomme Charlie Meadows (John Goodman).

Le film est une réflexion simple, remplie d'intelligence et d'humour, sur l'intégrité en art et sur le monde dur de Hollywood. Côté traitement, la ligne entre la réalité et l'état psychologique de Barton Fink reste floue. Par exemple, il y a concordance évidente entre l'état stagnant de l'hôtel et l'état d'âme stérile de Barton Fink. Quand à la représentation caricaturale du producteur type de Hollywood incarné par Michael Lerner, j'ai adoré et ce n'était pas sans me rappeler la vision toute aussi caricaturale du milieu hollywoodien de Robert Altman dans The Player.

J'aime beaucoup les frères Coen qui prouvent qu'il est possible de faire à la fois du cinéma intelligent, populaire, drôle et personnel.

mercredi, février 15, 2006

Itératif et être en amour avec

Itératif: adj. Qui est réitéré. Qui est répété plusieurs fois. adv. Itérativement

angl.: être en amour avec quelqu'un / to be in love with somebody
On devrait dire «amoureux de»

Quelques pensées marquantes lues cette semaine:

«La jalousie n'est souvent qu'un inquiet besoin de tyrannie appliqué aux choses de l'amour». -Proust

«Croire, ce n'est pas nécessairement croire. C'est aspirer». -Pierre Vadeboncoeur

«Un artiste engagé n'est pas nécessairement celui qui fait écho aux problèmes cruciaux de son temps; un artiste engagé est celui qui se parfait jusqu'à la limite du possible dans le domaine qui lui est propre, celui qui perfectionne éternellement son univers personnel.» -Jean-Pierre Lefebvre inspiré par Truffaut